Art, Good Food & Books #34

Quand les couleurs de la passion se mêlent aux notes de l’existence.


 Ce rougeoyant clafoutis « mi-figues mi-raisin » à la matière généreuse et craquelante de Florence a évoqué pour Edwige « Le Rouge et le Noir » et ses passions de Stendhal et son adaptation par Jean-Daniel Verhaeghe en 1997.

Et c’est à « L’ombre bleue du figuier »  de Jean Ferrat que Marylène vient broder une jolie guirlande tout en fredonnant.

When the colors of passion mingle with the notes of existence.
 This glowing “half-figs, half-grape” clafoutis with generous and crackling Florence evoked for Edwige “Le Rouge et le Noir” and his passions of Stendhal and its adaptation by Jean-Daniel Verhaeghe in 1997.
And it is at "L’ombre bleue du figuier" by Jean Ferrat that Marylène comes to embroider a pretty garland while humming.

17 janvier 2021
Corinne Cossé-le Grand
info@carrousel-art.com
Instagram: @carrousel_art

Clafoutis mi figues mi raisins proposé par Florence Clément

Ingrédients pour 6 personnes

  • Crème liquide 25 cl
  • Lait entier 25 cl
  • Sucre 150 gr + 20 gr pour les moules Œufs 4p
  • Maïzena 60 gr
  • Poudre d’amandes 60 gr
  • Beurre 20 gr
  • Vanille 1 gousse
  • Figues 300 gr
  • Raisin type muscat 200 gr 
  • Sel 1 pincée 
Liquid cream 25 cl
Whole milk 25 cl
Sugar 150 gr + 20 gr for the mussels Eggs 4p
Cornstarch 60 gr
Almond powder 60 gr
Butter 20 gr
Vanilla 1 pod
Figs 300 gr
Muscat grape 200 gr
Salt 1 pinch

Recette

Beurrer les moules avec un peu de beurre fondu, et les chemiser de sucre.
Casser 2 œufs entiers et 2 jaunes dans un saladier, les battre avec un fouet, ajouter la maïzena, le sucre, la vanille grattée et le sel, bien mélanger au fouet. Incorporer alors la crème liquide et le lait, mixer avec un mixeur la pâte afin de la rendre bien lisse.
Egrapper le raisin, couper les figues en quartiers, ranger les fruits dans les moules et recouvrir avec l’appareil à clafoutis.

Cuire 40 à 45 minutes à 200 C.

Servir tiède. Bonne dégustation !

Butter the mussels with a little melted butter, and line them with sugar.
Break 2 whole eggs and 2 yolks in a salad bowl, beat them with a whisk, add the cornstarch, sugar, scraped vanilla and salt, mix well with a whisk. Incorporate the liquid cream and the milk, mix with a mixer the dough to make it very smooth.
Destemmer the grapes, cut the figs into quarters, arrange the fruit in the molds and cover with the clafoutis.
Bake at 200°
Enjoy lukewarm. 
Good tasting !

Le rouge et le noir (19971h40, adapté de Stendhal pour la télévision par Jean-Daniel Verhaeghe, scénario de Danièle Thomson et musique de Philippe Sarde avec Carole Bouquet, Kim Rossi Stuart, Bernard Verley, Constanze Engelbrecht, Maurice Garrel, Judith Godrèche, Claude Rich et Rudiger Vogler.

Edwige de Montalembert fait écho de la recette par ce film et « la bataille que se livrent trois éléments sur une terre craquelante et lumineuse. Pour exister aux yeux de l’autre et faire sa place dans une composition révélant passion et destruction. » 

Edwige de Montalembert echoes the recipe with this film and “the battle between three elements on a crackling and luminous earth. To exist in the eyes of the other and make its place in a composition revealing passion and destruction. "

edwigedem@gmail.com
Instagram : @edwigedemontalembert

Jean Ferrat
https://youtu.be/zG3rZJhti18
                   A l’ombre bleue du figuier.  Jean Ferrat. Michelle Senlis. 1972
« À l’ombre bleue du figuier
Passent, passent les étés
À l’ombre bleue du figuier
Passent, passent ils sont passésJ’étais comme les bergers
Un chien fou sur les talons
J’étais comme les bergers
Moitié blé, moitié chardon
Voyant se lever le jour
J’y croyais à chaque fois
L’amour appelle l’amour
J’étais prince, je suis roi

À l’ombre bleue du figuier
Passent, passent les étés
À l’ombre bleue du figuier
Passent, passent ils sont passés

Ivre comme les oiseaux
J’étais poussé par le vent
Ivre comme les oiseaux
Je me suis cogné souvent
J’allais cherchant dans la brume
Une lampe ou un drapeau
J’y ai laissé quelques plumes
Mais j’ai gardé mon chapeau

À l’ombre bleue du figuier
Passent, passent les étés
À l’ombre bleue du figuier
Passent, passent ils sont passés

À la bouche une chanson
Dans mon cœur un amour fou
À la bouche une chanson
Je rêvais que jusqu’au bout
On dira qui était-il
Me jetant des roses-thé
Moi je dormirai tranquille
Heureux d’avoir pu chanter

À l’ombre bleue du figuier
Passent, passent les étés
À l’ombre bleue du figuier
Passent, passent… ils sont passés. »
 

On a tous en mémoire la voix chaude et ample de Jean Ferrat et ses grands textes engagés, cette chanson est plus légère, légère comme le temps qui passe et nous emporte, légère comme une ritournelle. Mais pas si facile à chanter. Les vers de sept syllabes sont peut-être une fantaisie si l’on pense à notre alexandrin, sorte de moule dont la cadence, même inconsciente, structure encore notre langue. C’est du moins l’explication que je me donne lorsque j’essaie maladroitement de la fredonner. Mais cela ne pose aucun problème à un ami chanteur, alors … Alors je l’écoute. Les mots du refrain sont tout simples, comme il se doit. Le passage du présent (répété) au passé-composé mime l’insaisissable du temps. Et les pluriels (« les étés ») nous disent le cycle, la continuité, et finalement, la disparition. Quelques tours et puis s’en vont. C’est le charme des chansons, au sens originel de sortilège. Quelques mots pour dire l’essentiel de la vie, presque rien. Mais quand on les entend surgissent toutes les images. Presque rien, trois strophes, cependant, pour les différents âges, la folle jeunesse, l’enthousiasme et les illusions, l’amour, l’écriture, et ce qu’il en restera. Passé, présent, futur :la grammaire est extraordinairement poétique.On ne peut s’empêcher de penser au premier tercet du poème de Ronsard : « Je serai sous la terre, et, fantôme sans os,  Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ; Vous serez au foyer une vieille accroupie ». Jean Ferrat est bien plus simple, pas de figure féminine regrettant « son fier dédain », pas de myrte pour célébrer son talent, juste des roses pour ses chansons. Tout est léger, fluide, déjà presque évaporé, il reste le sillage des notes de musique, évoquant le bonheur fugace, et pourtant éternel, à l’ombre d’un arbre généreux. 

Alors :Tombent tombent dru les figues,
Tombent tombent… dans nos paniers….
We all remember the warm and ample voice of Jean Ferrat and his great committed lyrics, this song is lighter, light as time passes and carries us away, light as a ritornello. But not so easy to sing. The seven-syllable lines are perhaps a fantasy if we think of our Alexandrian, a sort of mold whose cadence, even unconscious, still structures our language. At least that's the explanation I give myself when I clumsily try to hum it. But that's okay with a singer friend, so ... So I listen to him. The words of the chorus are simple, as they should be. The passage from the (repeated) present to the past-compound mimics the elusive time. And the plurals ("the summers") tell us the cycle, the continuity, and finally, the disappearance. A few laps and then go. This is the charm of the songs, in the original sense of spell. A few words to say the basics of life, almost nothing. But when you hear them all the images appear. Almost nothing, three stanzas, however, for different ages, wild youth, enthusiasm and delusions, love, writing, and what will be left of it. Past, present, future: the grammar is extraordinarily poetic. One cannot help thinking of the first tercet of Ronsard's poem: "I will be under the earth, and, ghost without bones, By the blue shadows I will take my rest; You will be a crouching old woman at home. Jean Ferrat is much simpler, no female figure regretting "his proud disdain", no myrtle to celebrate his talent, just roses for his songs. Everything is light, fluid, already almost evaporated, there is the trail of musical notes, evoking fleeting, yet eternal happiness in the shade of a generous tree.

So: The figs fall,
              Fall fall… in our baskets….

Marylène Conan
mariconan29@gmail.com

Instagram: @conanconan2935

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.